Min Djibalina en meneur de la marche du 8 mai 1945
Le 8 mars 1945, il était, avec une poignée de scouts (dont Bouzid Saâl, premier martyr des massacres perpétrés ce jour-là), en tête de la marche pacifique que la France coloniale allait réprimer dans le sang. "C'est à gorge déployée, raconte-t-il, que nous entonnâmes Min Djibalina tout au long de la procession et je reste convaincu que ce chant à largement participé à aiguiser le patriotisme des Sétifiens lors de cette tragique et héroïque journée".
Moins de dix années plus tard, lorsque sonna l'heure de l'insurrection armée totale contre l'occupant, Min Djibalina jaillira encore plus fort des poitrines des combattants de la liberté, en Kabylie, dans les Aures, dans le Constantinois et dans toutes les montagnes du pays.
"Tadhyatouna lil watan, khaïroun min el hayat " (Notre sacrifice pour la patrie vaut bien plus que l'existence). Combien de Moudjahidine, parcourant les maquis et bravant à mains presque nues la lourde armada coloniale, se sont-ils sentis galvanisés par ces paroles ?
Mohamed-El Hadi Cherif n'en tire pas une gloire particuliere car, dit-il, "le fait d'avoir écrit un texte, même s'il est passé à la postérité, n'est rien devant le sacrifice suprême consenti par le million et demi de martyrs ".